Renforcé pendant l’hiver, le Régiment aux 77 victoires confirmées débute, le 26 mai 1944, sa deuxième campagne avec quatre escadrilles : Rouen, Le Havre, Cherbourg et Caen. En mai 1944, le “Normandie” part pour Doubrovka afin de participer à l’offensive soviétique contre les troupes du Reich déployées en Biélorussie.

En juillet, l’unité vole vers la Lituanie et appuie l’offensive terrestre des soviétiques, lesquels franchissent le fleuve Niémen le 23 juin 1944. En récompense, le maréchal Staline distingue l’unité de l’appellation de “Régiment du Niémen”.

La mort tragique de Maurice de Seynes et de son mécanicien, Vladimir Bielozoud

Affecté au groupe de chasse "Normandie" le 1er Janvier 1944. il participe avec une foi inébranlable aux offensives victorieuses dans les secteurs de Vitebsk, Orcha, Borissov et Minsk. Le 15 Juillet 1944, son unité rejoint le terrain de Mikountani (Lituanie) afin de rester au plus près du front. Lors de ces déplacements, il était d'usage que le mécanicien voyage avec son pilote. Mais la place exiguë qui lui était réservée interdisait l'emport d'un parachute. Le Capitaine Maurice de Seynes s'envole donc avec son mécanicien soviétique l’Adjudant-chef Bielozoud. Peu après le décollage, le pilote revient vers le terrain et rend compte qu'il est victime d'une fuite d'essence dans la cabine. Aveuglé puis intoxiqué, il cherche à atterrir à plusieurs reprises, mais en vain. Il reçoit l'ordre de sauter en parachute. Le Capitaine de Seynes refuse, par solidarité avec son passager, et s'écrase au sol lors de sa dernière tentative d'atterrissage. Le sacrifice de Maurice de Seynes impressionne considérablement le personnel soviétique du groupe Normandie.

Jean Bayssade et le passage du Niémen

Le 30 juillet 1944, Jean Bayssade est abattu par des Stukas. Grièvement blessé, il parvient toutefois à sauter en parachute et à atterrir dans une clairière remplie d’Allemands. Fait prisonnier, il est interné dans les camps de Buchau puis de Lodz où il retrouve Constantin Feldzer. Transféré au Stalag IXB de Bad Ord en novembre, il est intégré au commando Stockstadt dans une papeterie où le travail est épuisant. Le 15 décembre au soir, Bayssade profite d’un concours de circonstance et s’évade. Repris après 9 jours de marche, il se retrouve à Limbourg le jour de Noël 1944 et quelques jours plus tard au camp de Bad Orb. Libéré début avril par les Américains, Raymond Bayssade rallie Paris le 21 avril 1945, d’où il est aussitôt dirigé vers l’hôpital de Chaptal ; il pèse 46 kg.

Le 1er août 1944, les YAK-3, redoutables avions de combat, remplacent les YAK-9.

Hélas, cette 1ère campagne à causé la perte ou la disparition de 21 pilotes. Le Groupe affaibli ne compte plus que 4 pilotes issus de l’unité formée à Rayak. Le “Normandie” prend ses quartiers d’hiver à Toula au sud de Moscou et le 29 décembre 1943 le général Bouscat lui attribue le statut de Régiment.

Combat aérien entre 5 YAK et 12 F.W.109

Constantin Feldzer est abattu le 1er août 1944 au dessus d'Eidtkunein en Prusse Orientale, au cours d'un engagement entre 5 Yak du Normandie et 12 F.W.190. Il saute en parachute et tombe dans Vilkavichi, à 130 km de Königsberg.
Immédiatement capturé, il est emmené à la Kommandantur.
Sérieusement brûlé aux mains et au visage, il a du mal à parler tellement ses lèvres sont enflées et restera aveugle pendant 8 jours. Incarcéré au camp de Lodz, Constantin y retrouve Bayssade.
Après Nuremberg, il arrive à Aschaffenburg, d’où il parvient à s’évader le 5 mars 1945 avec deux officiers soviétiques (Ivan Griaznov et Philippe Goureev). Les trois hommes marchent en direction de l’ouest et uniquement de nuit.
Après une vingtaine de nuits de marche, les trois hommes traversent enfin le front germano-américain près de Darmasdt le 25 mars 1945. Le 30 juin 1945, il se porte volontaire pour combattre contre le Japon.

Le 16 octobre 1944, le “Normandie-Niémen” débute l’offensive contre la Prusse orientale en remportant 29 victoires en une seule journée. Elle sera la première unité française à poser le pied en Allemagne sur le terrain de Gross-Kalweitchen.
Le 7 décembre 1944, le Régiment se rend à Moscou pour y rencontrer le général de Gaulle, lequel décorera deux jours plus tard le fanion du “Normandie-Niémen” de la Croix de la Libération.